19 Νοέ Le cri du cœur d’Athènes : rendre à la Grèce les marbres du Parthénon
« J’ai l’ambition de faire de la Grèce la première destination touristique au monde en termes de qualité », a déclaré Kyriakos Mitsotakis, Premier ministre de la Grèce, lors du sommet “Reimagine Tourism in Greece 2025”, organisé à Athènes par Kathimerini.

Au cours d’une discussion avec la célèbre auteure Victoria Hislop, le Premier ministre est revenu sur la question des marbres du Parthénon, rappelant qu’il s’agit d’un dossier complexe et qu’il n’est pas secret que des négociations sont en cours avec le British Museum.
« Je ne pense pas que nous ayons progressé autant que nous l’aurions souhaité. Je soutiendrai toujours que les marbres du Parthénon doivent revenir. Je vais continuer à m’y engager personnellement. Nous ne sommes peut-être pas proches d’un résultat positif, mais l’opinion publique au Royaume-Uni évolue en notre faveur », a-t-il affirmé.
Victoria Hislop a ajouté qu’il est essentiel que le monument puisse être visible dans son intégralité.
M. Mitsotakis a, de son côté, répété que cette séparation est comparable à « couper la Joconde en deux », soulignant que la Grèce continuera à défendre sa position.
« Nous construisons une coalition non seulement de Grecs, mais aussi d’amis de la Grèce qui ajoutent leur voix à cette revendication légitime. Nous pouvons proposer au British Museum une coopération mutuellement bénéfique — sans pour autant renoncer à notre demande légale légitime », a-t-il précisé.

Un modèle de tourisme fondé sur la qualité et la durabilité
Le Premier ministre a également affirmé que la Grèce suit la bonne direction :
« Nous proposons un produit unique. Le pays a tourné la page des périodes difficiles. Lorsque nous parlons de la Grèce comme destination pour les voyageurs, mon ambition est d’en faire la première destination touristique mondiale en termes de qualité. »
Concernant la construction excessive, il a insisté sur la nécessité d’une protection stricte de l’environnement naturel, soulignant que le développement ne doit jamais se faire au détriment du paysage grec.
Interrogé sur le soutien aux régions moins connues, M. Mitsotakis a expliqué que le grand défi consiste à allonger la saison touristique et à diversifier les expériences proposées.
« Il y a tant de choses à voir, tant d’offres culturelles. Aujourd’hui, j’ai rencontré un représentant d’une grande compagnie de croisière internationale. Il existe une tendance à la “Mykonisation”, mais il faut aussi faire découvrir de nouvelles destinations. »
Le Premier ministre a ajouté avoir demandé à la ministre du Tourisme de développer une marque écologique pour encourager cette diversification.
« Les zones les plus développées n’ont pas besoin d’aide ; ce sont les régions les moins touristiques que nous devons soutenir. Un travail remarquable a déjà été accompli en Messénie avec Costa Navarino. »

Préserver l’authenticité et les traditions locales
M. Mitsotakis a rappelé que la Grèce est un petit pays aux traditions, coutumes et climats très variés, ce qui ouvre de grandes possibilités de diversification de l’offre touristique.
« Je veux que les visiteurs découvrent la Grèce, achètent des produits grecs et reviennent pour explorer d’autres régions. Nous avons un potentiel immense et devons continuer à investir dans les marinas et dans des solutions durables qui favorisent le développement de nouvelles destinations. »
Interrogé sur l’hospitalité grecque et la manière de la préserver, il a insisté sur la valorisation des métiers traditionnels :
« Ce sont des savoir-faire transmis de génération en génération. Prenez la cuisine locale, par exemple : elle a une véritable valeur économique. Le défi pour l’État est de préserver ces traditions tout en assurant leur viabilité. »
Il a donné des exemples concrets :
« Un pêcheur peut compléter ses revenus en proposant des excursions en mer, mais cela demande de la formation. Nous devons former et certifier les guides de randonnée. C’est un changement d’approche de la part de l’État : il existe des visiteurs qui recherchent cette authenticité, et on peut la trouver partout en Grèce. »
« Je partage totalement le slogan selon lequel la Grèce est pleine de surprises. »


Culture et nouvelles destinations
Évoquant la création contemporaine grecque, le Premier ministre a souligné que le pays possède une scène culturelle dynamique et en plein essor.
« Nous avons toutes les raisons d’être fiers de notre art contemporain et de notre patrimoine. Peu de villes, comme Athènes, offrent autant de créativité et de diversité. Il y a une véritable effervescence artistique, ce qui est naturel après les crises que nous avons traversées. »
Enfin, lorsqu’on lui a demandé quelles destinations il recommanderait à un visiteur étranger, M. Mitsotakis a répondu sans hésiter :
« Si je devais choisir une île, ce serait Tinos, ou peut-être Lemnos — qui rappelle un peu l’Écosse par sa géologie. Et pour une destination de montagne, le Zagori : de nombreux visiteurs étrangers l’ont déjà découverte, et elle illustre parfaitement le potentiel de nos régions de montagne. »