19 Nov Reimagine Tourism in Greece : la Grèce réinvente son modèle touristique
La résilience des destinations et des infrastructures, l’allongement de la saison touristique, le surtourisme et les locations de courte durée ont figuré parmi les principaux thèmes abordés lors de la première journée du congrès “Reimagine Tourism in Greece”, organisé par Kathimerini.

Évoquant « la transformation remarquable » accomplie par la Grèce dans le secteur du tourisme, malgré l’impact cumulé de la crise économique et de la pandémie, Shaikha Nasser Al Nowais, nouvelle Secrétaire générale du Tourisme des Nations Unies, a souligné, lors de cette troisième édition du congrès annuel de Kathimerini, que les avancées du pays vont bien au-delà d’une simple extension de la saison touristique.
« La Grèce a littéralement réinventé le tourisme, en le transformant en un atout stratégique national, capable de stabiliser l’économie, d’attirer des investissements internationaux, de revitaliser le patrimoine culturel et d’inspirer la confiance en période difficile », a-t-elle déclaré.
À l’échelle internationale, la Grèce n’est plus seulement perçue comme une destination, mais comme une véritable success story moderne.

Kyriakos Mitsotakis : “Faire de la Grèce la première destination mondiale en qualité”
Interrogé par l’écrivaine Victoria Hislop sur la question des marbres du Parthénon, le Premier ministre Kyriakos Mitsotakis a rappelé la complexité du dossier, précisant que des discussions sont en cours avec le British Museum.
« Je ne pense pas que nous ayons progressé autant que nous l’aurions souhaité. Je défendrai toujours le retour des marbres du Parthénon et je continuerai de m’y engager personnellement. Nous ne sommes peut-être pas encore proches d’un accord, mais l’opinion publique britannique évolue en notre faveur », a-t-il affirmé.
Victoria Hislop a, pour sa part, souligné qu’il est essentiel que le monument puisse être observé dans son intégralité.
Le Premier ministre a conclu :
« Le pays a laissé derrière lui les années difficiles. Mon ambition est de faire de la Grèce la première destination touristique mondiale en termes de qualité. »

Une croissance historique et un tourisme désormais “toute l’année”
La ministre du Tourisme, Olga Kefalogianni, a mis en avant la progression continue du tourisme grec, annonçant pour 2025 des performances historiques : hausse des arrivées et croissance encore plus forte des recettes touristiques.
« Par rapport à 2024, la fréquentation et les revenus enregistrent une augmentation significative, notamment en dehors de la haute saison, pendant les mois intermédiaires et d’hiver. Progressivement, la Grèce devient une destination pour toute l’année », a-t-elle déclaré, citant notamment Athènes, Thessalonique et plusieurs destinations insulaires.
Elle a réaffirmé que le gouvernement reste pleinement engagé dans sa stratégie visant à faire de la Grèce un modèle de développement touristique durable.
Tourisme, infrastructures et image du pays : “Nous devons prouver que nous méritons notre marque”
Les opportunités et risques pour le tourisme grec ont été au cœur d’une table ronde réunissant des dirigeants de secteurs clés – aviation, transport maritime et infrastructures.
« Nous avons bâti une marque ; il nous faut désormais prouver que nous la méritons », a déclaré Eftychis Vassilakis, président d’Aegean Airlines.
« Les concurrents progressent, les attentes des voyageurs augmentent, et chaque faiblesse – qu’elle relève des infrastructures ou des services – peut affecter l’image du pays. »
Kyriakos Maggiras, président exécutif d’Attica Group, a souligné les lacunes des infrastructures portuaires grecques, rappelant que le pays dispose parfois « de ports trois étoiles pour des îles cinq étoiles ».
« Depuis vingt à vingt-cinq ans, aucune véritable avancée n’a été réalisée », a-t-il déploré, appelant à des concessions de longue durée, des investissements public-privé et une meilleure coordination entre l’État, les municipalités et les autorités portuaires, dans le cadre d’une stratégie claire pour la transition écologique.
Le fort intérêt des investisseurs étrangers a été confirmé par Pierfrancesco Vago, président exécutif de la division croisières du groupe MSC :
« Nous sommes prêts à investir 100 millions d’euros à Lavrio », a-t-il annoncé.
Il a rappelé l’importance stratégique de la croisière pour l’économie européenne :
« C’est l’un des rares secteurs où l’Europe conserve une base industrielle solide. Nous avons perdu de nombreuses industries au profit de la concurrence asiatique, mais la construction navale pour la croisière reste un domaine où nous pouvons encore produire, innover et investir dans la durabilité. »

TLocations de courte durée : vers une approche équilibrée
Concernant les locations de courte durée, la discussion a montré qu’elles ne sont ni la cause principale de la hausse des prix immobiliers à Athènes, ni le facteur déterminant de la crise du logement.
Selon Nasos Gavallas, président de l’Association des entreprises de location de courte durée,
« Les restrictions adoptées relèvent davantage de choix politiques que d’une réelle volonté de résoudre le problème du logement. »
De son côté, Matteo Sarzana, directeur d’Airbnb pour l’Italie et l’Europe du Sud-Est, a salué l’approche mesurée de la Grèce, notant que les mesures appliquées ont donné « de très bons résultats » car elles prévoyaient des gels temporaires dans certaines zones, le temps de réévaluer le cadre réglementaire.
Enfin, Dimitris Melachrinos, cofondateur et PDG de Spitogatos, a précisé que les données de la plateforme montrent que les locations de courte durée ne font pas grimper les prix, mais fonctionnent comme un levier d’investissement qui renforce le marché immobilier au lieu de le déstabiliser.
Le panel a conclu que la discussion sur le logement à Athènes doit se recentrer sur les véritables causes structurelles : l’insuffisance de l’offre, le coût élevé de la construction et les déséquilibres du marché.urope conserve une base industrielle solide. Nous avons perdu de nombreuses industries au profit de la concurrence asiatique, mais la construction navale pour la croisière reste un domaine où nous pouvons encore produire, innover et investir dans la durabilité. »

Venise : leçons d’une ville face au surtourisme
Simone Venturini, adjoint au maire de Venise chargé du tourisme, du logement et du développement économique, a partagé l’expérience de sa ville face aux défis du surtourisme et de la croisière : manque de logements pour les résidents, pression sur les infrastructures et effets du changement climatique.
« Venise a cherché de nouvelles manières de relever ces défis, non pas en rejetant les touristes, mais en attirant aussi d’autres profils de résidents », a-t-il expliqué.
Depuis la pandémie, de plus en plus de personnes venues de New York ou Londres choisissent de s’installer à Venise, séduites par la qualité de vie, le rythme plus calme, la sécurité et la propreté.

Les travaux du congrès se poursuivent aujourd’hui.
Vous pouvez les suivre en direct sur :
www.kathimerini.gr/economy/563928745/reimagine-tourism-in-greece-live